Les amis de saint nizier

LYON - Capitale des GAULES                    Les amis de l'Eglise Saint Nizier  (Association loi 1901)               1 rue Saint-Nizier - 69002 Lyon

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Les personnages importants
qui ont marqué l'histoire de l'Eglise saint Nizier.




QUELQUES GRANDES FIGURES SPIRITUELLES DE SAINT-NIZIER : Au XIX° siècle :
  bv• La vénérable Pauline-Marie JARICOT, fondatrice de l'Oeuvre pour la Propagation de
        la Foi et du Rosaire Vivant (2 millions de personnes à son époque). Elle est enterrée à côté
        de l'autel de Notre-Dame de Grâce devant lequel elle s'est vouée à Dieu.
  bv• La sainte Claudine THÉVENET, fondatrice de la Congrégation des Religieuses de
         Jésus-Marie.
  bv• Le bienheureux Frédéric OZANAM, fondateur de la Conférence Saint-Vincent de Paul.
  bvLe père QUERBES, fondateur des Clercs de Saint Viateur.
  bvLe père COINDRE, fondateur des Frères du Sacré-Cœur.
  bvSuzanne AUBERT, fondatrice des Filles de Notre-Dame de la Compassion.

        Au XX° siècle :
  bvLe père COUTURIER, fondateur du Groupe Eucuménique des Dombes.

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Saint Nisier
Comme le soulignait le R.P. Gouilloud (1886), seules deux sources contemporaines de notre évêque nous éclairent sur sa vie : le panégyrique d’un clerc lyonnais anonyme et les écrits de son petit-neveu, Grégoire de Tours [Vie des Pères, chapitre VIII ; De la gloire des Bienheureux Confesseurs, chapitre LXI ; Histoire des Francs, Livre IV, chapitre XXXVI]. Ces textes dressent un portrait spirituel et moral de Nizier. Ils insistent moins sur les événements marquants de son épiscopat que sur ses miracles posthumes.

Fils de patriciens gallo-romains, Florentius et Artémia, Nizier, leur troisième enfant, naquit en Bourgogne (513), sans doute dans le diocèse de Chalon-sur Saône. Diacre à 25 ans (538), il fut ordonné prêtre, à trente ans (543), par Agricola, évêque de Chalon-sur-Saône. Il exerça donc ses fonctions sacerdotales durant 9 ans. Sur le point de mourir (11 septembre 551), Sacerdos, évêque de Lyon, obtint du roi [Childebert Ier] que son neveu lui succéda. Comprenons par là, selon le droit en vigueur, que Sacerdos s’assura seulement auprès de son souverain qu’il validerait bien l’élection de Nizier. Ainsi ce dernier devint-il évêque de Lyon (16 février 552).

Vingt-huitième évêque de cette cité, Nizier fut, selon [Grégoire de Tours], le premier Primat des Gaules (Concile provincial de Lyon, 570). « Homme éminent », il exerça son ministère avec charité et clémence, simplicité et modestie, consacrant, à la manière des moines, une partie de son temps aux travaux manuels. « Il s’appliquait avec activité à ériger des églises, réparer les maisons, ensemencer les champs et cultiver les vignes. Cependant ces choses ne le détournaient pas de l’oraison. »  Il ne manqua jamais d’user de fermeté lorsqu’elle était nécessaire. Nizier mourut à l’âge de 60 ans, dans la 22° année de son épiscopat ( 2 avril 573). Sa fête sera donc célébrée ce jour-là. Il choisit, comme d’autres évêques lyonnais du VI° siècle, d’être inhumé en la basilique des Saints Apôtres. De nombreux miracles se produisirent après sa mort. Sa renommée posthume fut telle que ce sanctuaire prit bientôt son nom et qu’il devint l’un des saints patrons de la ville.

Grégoire de Tours rapporte, entre autres, le témoignage d’Aigulfe, diacre venu se recueillir « au lieu où le saint reposait » : « […] étant entré dans l’édifice, il examinait le registre des miracles illustres qui s’y étaient passés, lorsqu’il vit une immense foule de peuple auprès du tombeau, […] un prêtre se tenait là pour leur donner des morceaux de cire qu’ils emportaient comme objet bénit, […] quelques-uns s’emparant de quelques brins de frange qu’ils tiraient de la couverture du tombeau […]. » [Grégoire de Tours, Vie des Pères]

En 1308, le chapitre de Saint-Nizier fit rechercher les tombes des prélats inhumés dans l’église. On retrouva, comme le rapportait la tradition, les restes de notre évêque derrière le maître autel. Son épitaphe fut reproduite dans le procès verbal. Malheureusement ces vestiges furent détruits lors du saccage de Lyon par le [Baron des Adrets] (1562), à l’exception, semble-t-il, de son crâne, dont le reliquaire était encore exposé au XVIIIe siècle. Celui-ci disparut à son tour durant la Révolution.

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Pauline Jaricot.
Pauline Jaricot est née à Lyon, le 22 juillet 1799. A la suite d'une grave maladie et de la mort de sa mère en 1816, Pauline décida de servir Dieu uniquement. A la fin de 1816, elle fit, le vœu de chasteté et adopta le mode de vie et la manière de s'habiller des ouvrières. Pauline, tout en s'efforçant de faire connaître les nécessités des missions, cherchait quelque capable de susciter l'enthousiasme et de se développer de l'intérieur ; quelque chose, de plus, qui puisse embrasser la totalité des catholiques et devenir une aide réelle pour toutes les missions indistinctement.

Telle était son idée. Pauline, comme elle le dit elle-même, trouva une formule un soir d'hiver de l'année 1819. Il s'agissait d'une formule très simple : constituer des groupes de dix personnes dont chacune s'engagerait à former un nouveau groupe de dix —organiser ainsi les décuries en centuries, et ces dernières en groupes de mille —chacun présidé par un chef de groupe ; à tous les échelons. Chaque membre avait l'obligation de réciter une prière quotidienne et de faire une offrande hebdomadaire pour les missions.

Fondation de la Propagation de la Foi : 3 mai 1822.
C'est ainsi que « la Propagation de la Foi » vit le jour. Les premiers inscrits furent des ouvriers d'une usine dirigée par la sœur et le beau-frère de Pauline.
 Les premières zélatrices furent choisies parmi ces mêmes ouvrières, organisées sous le nom de "Réparatrices du Sacré Cœur de Jésus".

 Pauline se trouva rapidement à la tête du premier groupe de mille. Son frère Philéas, étudiant au [séminaire de Saint Sulpice] à Paris où il se préparait à partir comme missionnaire en Chine avec qui elle entretenait une correspondance lui écrivait en 1818 : « Continue à propager cette œuvre que Dieu a voulu commencer par tes mains et qui sera peut-être un jour le grain destiné à devenir un grand arbre, dont les branches couvrirons toute la terre de leur ombre".
En 1821, elle comptait déjà environ 2.000 membres. Les offrandes recueillies de juin 1821 à mai 1822 s'élevaient à 2.000 francs qui furent remis à la Société des Missions Etrangères de Paris. En décembre 1822, la somme totale recueillie depuis le début était de 8.050,30 F.

Le 3 mai 1822, un groupe de prêtres et de laïcs s'étaient réunis à Lyon pour étudier une forme de coopération missionnaire qui ne fut pas limitée aux missions françaises, mais étendue au monde entier et aux missionnaires de tous les pays. Après quelques hésitations, on décida d'adopter l'œuvre même de Pauline Jaricot. Le président de l'assemblée, Benoît Coste, déclara à cette occasion : "Nous sommes catholiques, en conséquence, nous ne devons pas soutenir telle ou telle mission particulière, mais toutes les missions du monde.
Victor Girodon, un des plus ardents défenseurs de Pauline Jaricot et membre de l’association, intervient dans la discussion, pour expliquer la nature et les finalités de l'œuvre de la Propagation de la Foi ainsi que les méthodes de Pauline pour la collecte des offrandes. Le groupe se constitua en conseil provisoire de l'œuvre et décida la création d'un bureau central.
 St François Xavier fut désigné pour diriger l’association.

Pendant ce temps, Pauline s'en tenait au seul rôle de chef de centurie. Mais elle entrevit dans la nouvelle direction et dans l’organisation le moyen de donner à la Propagation de la Foi ce caractère d'universalité qu’elle souhaitait.Ainsi, recueillir les prières et les offrandes des fidèles du monde entier et les envoyer directement au Saint-Siège, afin qu'elles soient distribuées à tous.
Un siècle plus tard, les « Œuvres Pontificales Missionnaires » fut créée dans l’inspiration et sur l’exemple de Pauline Jaricot. Et sur le résultat d'une prise de conscience, de la part de larges couches de la communauté catholique du temps. Ces exigences et cette prise de conscience trouvèrent une application pratique immédiate dans l'apostolat de la coopération missionnaire, et en Pauline Jaricot une géniale organisatrice. Aujourd'hui l'œuvre de la Propagation de la Foi (O.P.M.) est présente dans plus de 150 pays au monde.
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Frédéric Ozanam.
Antoine-Frédéric Ozanam, professeur de littérature étrangère à la Sorbonne, né à Milan le 23 avril 1813 est le fondateur de la Société de Saint-Vincent-de-Paul, historien et essayiste catholique français ; il a été béatifié par le pape Jean-Paul II le 22 août 1997.

Frédéric Ozanam fait ses études classiques au Collège royal de Lyon où il entre en 1822. Il a pour condisciples Joseph Artaud, Hippolyte Fortoul, Louis Janmot, Antoine Bouchacourt avec lesquels il noue de forts liens d'amitié. Son professeur de philosophie est le célèbre abbé Noirot.
Devenu bachelier ès-lettres en 1829 il entre d'abord en stage chez un avoué lyonnais avant de poursuivre ses études à l’École de droit de Paris à partir de novembre 1831.
Frédéric Ozanam découvre alors la capitale qui le déçoit et l'effraie. Deux personnalités l'influencent : [André-Marie Ampère] chez qui il trouve un temps un logement et [Pierre-Simon Ballanche] dont il admire l'esprit de liberté et de solidarité.
L'atmosphère d'incrédulité qu'il rencontre dans le milieu universitaire heurte ce fervent catholique. Il n'hésite donc pas à intervenir à la fin des cours pour protester contre les attaques que certains professeurs rationalistes prononçaient contre l’Église et le christianisme.
Le 23 avril 1833, il fonde avec des amis étudiants, paroissiens comme lui de l'église Saint-Étienne-du-Mont, une petite société vouée au soulagement des pauvres, qui prend le nom de « Conférence de la charité ».

Un des fondateurs de la [Société de Saint-Vincent-de-Paul].
La conférence se place peu après sous le patronage de saint Vincent de Paul. Les familles visitées sont signalées à la conférence par sœur Rosalie Rendu, une Fille de la Charité très active dans les quartiers pauvres de Paris.
Parallèlement à la fondation de la Conférence de la charité, Frédéric Ozanam, convaincu qu'« il faut que, quelque part, une parole de croyant soit dite, qu'un enseignement religieux soit donné, à un niveau de compétence et de notoriété qui fasse pièce aux doctrines rationalistes que diffusent les maîtres des chaires officielles » fait parvenir, dès 1833, avec deux de ses camarades étudiants, à Mgr de Quélen, archevêque de Paris, une pétition signée d'une centaine d'étudiants catholiques pour que soient organisées des conférences à Notre-Dame de Paris avec un prédicateur prestigieux. La pétition est renouvelée l'année suivante, elle a près de 200 signatures et elle reçoit satisfaction : ces conférences ont lieu pour la première fois au carême 1834. En 1835, prêchées par [Henri Lacordaire], elles obtiennent un immense succès.

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Deuxième d'une famille de sept enfants, CLAUDINE THÉVENET naît à Lyon le 30 mars 1774.

Elle a quinze ans lorsqu'éclate la Révolution française. En 1793, elle vit les heures tragiques de Lyon assiégée par les forces gouvernementales, et elle assiste, impuissante et horrifiée, à l'exécution de ses deux frères tués en représailles, après la chute de la ville, en janvier 1794. Leurs dernières paroles qu'elle recueille dans son coeur et fait siennes. Ces événements la marquent profondément et donnent un autre sens à sa vie. Dorénavant elle se consacrera à soulager les misères innombrables amenées par la Révolution; pour elle l'ignorance de Dieu est la cause principale de la souffrance du peuple et un grand désir s'éveille en elle de le faire connaître à tous; les enfants, les jeunes surtout attirent son zèle et elle brûle de leur faire connaître et aimer Jésus et Marie.
La rencontre avec, l'abbé André Coindre, l'aidera à discerner la volonté de Dieu sur elle et sera décisive pour l'orientation de sa vie. Ayant trouvé deux petites filles abandonnées et grelottant de froid sur le parvis de l'église St-Nizier, le Père Coindre les avait conduites à Claudine qui n'avait pas hésité à s'en occuper.
La compassion et l'amour pour les enfants abandonnées est donc à l'origine de la "Providence de St-Bruno", à Lyon (1815). Des compagnes se joignent à Claudine; on se réunit en association, l'Association du Sacré-Coeur, dont Claudine est immédiatement élue présidente. Le 31 juillet 1818, le Père Coindre lui suggère de former sans hésiter une communauté. "Dieu vous a choisie", dit-il à Claudine. Et c'est la fondation de la Congrégation des Religieuses de Jésus-Marie le 6 octobre 1818, aux Pierres-Plantées sur la colline de la Croix Rousse. En 1820 la jeune Congrégation s'établira à Fourvière (en face du célèbre sanctuaire) sur un terrain acheté à la famille Jaricot. Elle recevra l'approbation canonique du diocèse du Puy en 1823 et de Lyon en 1825.

Le premier but du jeune Institut avait été de recueillir les enfants pauvres et de les garder jusqu'à leur vingtième année, leur enseignant un métier en plus des connaissances de l'école élémentaire, et leur assurant une solide formation religieuse et morale. Mais on veut faire davantage et Claudine et ses soeurs ouvrent leurs coeurs et leurs bras aux jeunes filles de la classe aisée et fondent pour elles un pensionnat. Le but apostolique de la Congrégation sera donc l'éducation chrétienne de toutes les classes sociales avec une préférence pour les enfants et les jeunes et parmi ceux-ci pour les plus pauvres.
Canonisée par Jean-Paul II en 1993.
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Louis Marie-Joseph Querbes est né à Lyon le 21 août 1793 et mort à Vourles, le 1er septembre 1859, est un prêtre fondateur de l'ordre religieux dit Clercs de [Saint-Viateur] (C.S.V.). ou des Viatoriens.

Fils d'un paysan aveyronnais, fervent catholique natif des Canebières (hameau près de Salles-Curan) et venu travailler à Lyon où il s'installe comme tailleur, le jeune Louis, entre en 1805 à l'école cléricale de la paroisse de Saint-Nizier, puis au séminaire Saint-Irénée en 1812. L'entrée à la Compagnie de Jésus lui ayant été refusée, il est ordonné prêtre le 17 décembre 1816 et sera nommé, après un court vicariat dans sa paroisse natale où il est déjà remarqué par sa prédication, curé à Vourles où il restera jusqu'à sa mort.
 Il y eut comme vicaire [l'abbé Faivre] entre 1834 et 1836. Au lendemain de la Révolution il eut une tâche difficile pour restaurer la vie chrétienne et relever la foi de ses fidèles. Ayant eu la chance et la capacité de suivre de sérieuses études (il eut comme professeur le grammairien [Guy-Marie Deplace]. Il se désole de voir tant d'enfants pauvres laissés sans instruction. S'il peut créer une école de filles, grâce à la congrégation des sœurs Saint-Charles, il échoue à obtenir une autre école dans une aussi petite commune.

Il pense rapidement à élargir son action et il fonde dès 1830 une association de personnes à la fois instituteurs, catéchistes et sacristains sous la protection de saint Viateur (clerc lyonnais du IV° siècle), appelé Clercs de Saint-Viateur. Ces enseignants qui étaient isolés dans les campagnes furent formés dans une sorte de séminaires sous l'égide des curés de paroisses qui avaient la fonction de leur apporter une aide spirituelle et pédagogique tout au long de leur apostolat. Après avoir été approuvée par ordonnance royale en 1830, et par l'évêque l'année suivante, la Société charitable des écoles de [Saint-Viateur] reçoit l'approbation pontificale, le 31 mai 1839. La congrégation est autorisée en 1851 à exercer en dehors de l'Académie de Lyon. Mais elle avait déjà essaimé en Inde et au Canada (1847). Elle s'implantera en Aveyron, à Nant, Espalion et Rodez .
L'intuition du P. Querbes, qui voulait mettre à l'honneur la collaboration avec les laïcs a été redécouverte depuis le concile Vatican II. Le journal La Croix du 27 février 2006 annonce que la cause en béatification du P. Louis Querbes vient d'être ouverte par le Cardinal Philippe Barbarin, archevêque de Lyon.

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Le Père André Coindre est né le 26 février 1787 à Lyon et mort le 30 mai 1826 à Blois. Il a été le fondateur en 1821 de la congrégation des Frères du Sacré-Cœur, congrégation destinée à l'instruction des jeunes. Il a fondé de nombreux collèges, lycées et instituts.
Le Père Coindre a beaucoup soutenu Claudine Thévenet dans la création de la congrégation de Jésus-Marie pour l'éducation des enfants.
Il meurt après un long épisode de dépression, le 30 mai 1826 à Blois.

Le charisme en général est un don de l'Esprit accordé à un membre de l'Eglise en vue du bien commun.
Quand on parle du charisme de notre Fondateur, il faut donc se demander ce que l'Esprit, à travers sa personne, son œuvre et ses disciples, accorde à l'Eglise (à commencer précisément par ses propres disciples).

LE CHARISME DU PÈRE COINDRE
 
Si le charisme pastoral du Père Coindre nous paraît clair, son charisme par rapport aux deux instituts qu'il a laissés paraît plus difficile à cerner.

  Reprenons quelques traits de son histoire:
-    dès son grand Séminaire, il se fait remarquer par son éloquence religieuse et son désir de prêcher;
-    sitôt son ordination, en 1812, il suit un cours spécial d'éloquence et commence à prêcher;
-    il se sentait tout à fait à l'aise dans cette fonction, et tout le monde le confirmait dans ce sentiment
     (Cf. A. Coindre,
-    Ecrits et Documents, 5: Œuvres oratoires, p.p. 246-7);
-    la grande activité de son existence a consisté dans les "missions" et les retraites;
-    il a fait partie d'une société de "missionnaires", les Pères de la Croix de Jésus (appelés Chartreux),
     de 1815 à 1822, a fondé à la demande de l'évêque de Saint-Flour et le Puy, la "Société des Prêtres
     missionnaires du Sacré-Coeur de Monistrol", en 1822, il a même été sur le point de fonder une
    deuxième société de missionnaires, à Lyon, à demande, retirée par la suite de l'Archevêque, Mgr de
    Pins, en 1824; il a également été sollicité pour une fondation analogue dans le diocèse de Dijon;
-  même après sa démission comme supérieur général des "Prêtres missionnaires", il leur a envoyé
    un projet de Statuts.

Ainsi, que le charisme pastoral du Père Coindre ait été la prédication, personne n'en doutait de son vivant, et les témoignages à ce sujet abondent.

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Suzanne Aubert Née en 1835 à St Symphorien de Lay.

Déjà, jeune fille, Suzanne avait des idées bien arrêtées sur la façon dont elle voulait mener sa vie. Elevée dans une famille traditionnelle qui souhaite avant tout que leur fille se marie. Pourtant, Suzanne a d’autres projets et elle se découvre rapidement une passion pour la médecine et la chimie. Obligée d’étudier en cachette (les amphithéâtres sont à l’époque réservés aux hommes), elle parvient tout de même à acquérir des connaissances importantes en herboristerie et en pharmacie. Inspirée par le [Curé d’Ars] et les sœurs maristes de Lyon, elle décide de devenir missionnaire. Inlassablement, elle essaye de convaincre ses parents du bien-fondé de sa vocation. Devant leur intransigeance, elle finit par s’enfuir et se rend au Havre pour suivre [Pompallier] en Nouvelle-Zélande.

Après 4 mois de traversée à bord du General Teste, Suzanne Aubert arrive à Auckland en Décembre 1860 en compagnie de 3 autres sœurs françaises. Quelques années seulement après la signature du traité de Waitangi, les relations entre maoris et pakehas ne sont pas au beau fixe. Auckland est une ville de garnison où il est dangereux de sortir quand on est une religieuse étrangère.

Suzanne est intégrée dans une communauté religieuse majoritairement irlandaise en charge d’éduquer les demoiselles de la bonne société. Déception pour Suzanne qui espérait aider les plus démunis. La collaboration se passe mal, 2 ans plus tard, les 4 sœurs créent une nouvelle communauté, « la communauté de la sainte famille » premier ordre qui acceptera des sœurs maories. Suzanne, qui est devenue entre-temps sœur Mary Joseph, se consacre à l’enseignement des jeunes filles maories. Ses méthodes sont très inhabituelles car orientées vers l’art et la musique (elle adapte des chansons françaises avec des paroles en maori). En parallèle, Pe Ata (1ère sœur maori) lui fait découvrir la culture de son peuple et l’entraîne en dehors du couvent. Elle discute avec les anciens et participe à la vie du village au Marae.

En 1868, Pompallier quitte la NZ en laissant l’évêché endetté, obligeant Suzanne Aubert à faire appel à des dons pour maintenir la congrégation à flots. Mais les maoris ne sont plus prioritaires et les idées modernes de sœur Mary Joseph dérangent ; le nouvel évêque, Dr T.W.Croke demande à sœur Mary Joseph de rentrer en France.
Une nouvelle page tourne pour Suzanne. En 1871, elle répond à l’invitation du père [Euloge Reignier] et rejoint une petite congrégation à Meeanee. C’est une véritable bouffée d’air pour elle, elle retrouve des français beaucoup plus ouverts d’esprit. Ne tenant pas en place, elle parcourt les chemins de Hawkes Bay à la recherche de nouvelles plantes et de nouvelles potions thérapeutiques. Les maoris souffrent des nouvelles maladies apportées par les colons et sœur Mary Joseph commence à se faire connaître comme Mary « le médecin ». Elle discute avec les anciens maoris et se sert de leurs connaissances des plantes pour améliorer ses remèdes.

En 1870, Suzanne s’inquiète de plus en plus du manque de respect et de dialogue entre les communautés. Elle s’atèle à l’écriture d’un dictionnaire anglais maori intégrant des notions jusque là inexistantes. Les anciens lexiques partaient du principe que la seule utilité de communiquer avec un maori était son embauche et les ordres à lui donner. Suzanne s’applique à intégrer des notions de partage, de jeux et de découverte dans son dictionnaire de plus de 100 pages (livre qui fait encore référence actuellement "New and complete manual of Maori conversation" (1885) ).
Sa connaissance approfondie du langage maori la conduit à Jérusalem sur les bords de la rivière Wanganui. Envoyée par [ l’évêque Redwood], elle est en charge de la santé et de l’éducation de plus de 2000 personnes. En quelques années, un dispensaire, une église, une école et une ferme avec vergers sont construits. Devant le nombre d’enfants abandonnés, Suzanne Aubert décide également de créer un orphelinat. Celui ci accueille surtout des enfants blancs, abandonnés par des mères célibataires mises au banc de la société à cause de leur statut.

En mai 1892, sœur Mary Joseph crée l’ordre des sœurs de la compassion. Pour faire vivre sa communauté, elle commercialise ses remèdes avec beaucoup de succès.
Ses activités l’amènent à se rendre de plus en plus souvent à Wellington. L’état providence en phase de création n‘arrive pas à s’occuper de tous et Suzanne décide de prendre les choses en main. En 1899, Suzanne ouvre la première « soupe populaire » de Nouvelle-Zélande ainsi qu’un dispensaire (St Joseph’s Home) qui s’occupe des handicapés et des sans- abris malades. Elle parcourt les rues de la ville avec un panier à roulettes pour récolter des dons pour ses œuvres.
En parallèle, elle propose un service de crèches aux mères qui ne peuvent pas s’occuper de leurs enfants pendant la journée, idée révolutionnaire pour l’époque.
En 1907, elle ouvre le Lady’s Home of compassion afin d’accueillir les orphelins de Jérusalem et d’ailleurs. Le projet soulève les foules et des centaines de personnes l’aideront sur ce projet. Le projet s’exporte à Auckland en 1910 avec la construction du St Vincent’s Home of compassion.
Le travail de sœur Mary Joseph est cependant très controversé, on lui reproche de pousser les femmes à la débauche en offrant un toit à leurs enfants illégitimes. De plus le caractère non confessionnel de ses œuvres dérange sa hiérarchie qui voudrait qu’elle ne s’occupe que des catholiques. Les obstacles sont de plus en plus nombreux et mènent à la fermeture de St Vincent’ Home of Compassion en 1916.

Sœur Mary Joseph est obligée d’aller à Rome demander au pape de placer son ordre sous l’autorité directe du Vatican et non plus de l’évêque Redwood. En avril 1917, le pape signe le décret et accorde à sœur Mary Joseph tout pouvoir de décision. Après plus de 6 ans en Europe, elle revient en Nouvelle-Zélande où les sœurs ont continué son œuvre.
Très affaiblie, elle s’éteint le 1er octobre 1926 à l’âge de 91 ans.
La vie exemplaire de cette femme est aujourd’hui en phase d’être récompensée, le Vatican étudie en effet son dossier pour une possible canonisation. Femme de foi et de compassion, chaleureuse mais sans concessions, elle a su aller au bout de son rêve et imprimer son œuvre dans la durée.

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Le père Couturier Ancien élève de Maurice Denis, dont il avait intégré les ateliers d'art sacré, il opposera au vieux maître une nouvelle vision de l'art d'église.

Chargé en 1937, avec le père [Pie Raymond Régamey], de la direction de la revue L'Art sacré, il y développe la nécessité de rompre avec l'académisme pour faire appel aux plus célèbres et talentueux des artistes quelles que soient leurs pratiques religieuses :
« La décadence des arts sacrés a aussi des causes spirituelles et sociales. Mais ses causes artistiques se ramènent toutes à l'académisme, directement ou par contre-coup. »
En 1950, dans un article intitulé « Aux grands hommes les grandes choses », il s'indigne que :
« Cent vingt églises ont pu être bâties autour de Paris sans qu'un seul des grands architectes français, respectés du monde entier, ait été seulement consulté. » « Il vaut mieux, estime-t-il, s'adresser à des hommes de génie sans la foi qu'à des croyants sans talent. »
En effet, pour lui, « tout art véritable est sacré. »
C'est donc aux plus grands artistes de son temps que le père Couturier fera appel pour décorer l'église Notre-Dame-de-Toute-Grâce du plateau d'Assy

En France, vers 1950. Événement sans précédent, un homme d'Église est l'ami des plus grands artistes de son temps. C'est le P. Couturier- On le trouve chez Matisse ou chez Le Corbusier, chez Braque ou chez Rouault. Il rencontre Fernand Léger, Chagall, Picasso et bien d'autres- Sans parler de Cocteau, Jouhandeau, Julien Green... Tous le reconnaissent comme un interlocuteur éclairé. Pour plusieurs, architectes ou peintres, il devient un partenaire, car il les engage dans l'aventure d'églises nouvelles, tomme au Plateau d'Assy ou bien a Audincourt. Il permet à des rêves improbables de devenir vrais: Matisse fera une chapelle, à Vence, et Le Corbusier à Ronchamp. Sur le rôle du P. Couturier dans ces deux derniers dossiers, ce livre apporte d'ailleurs des éléments nouveaux. Quant au couvent de La Tourette, si on savait bien qu'il n'aurait pas existé sans Couturier, on en apprendra ici beaucoup sur les profondes relations de celui-ci avec Le Corbusier,
Depuis deux siècles au moins, en matière d'arts plastiques ou d'architecture, les partes des églises ne se sont Jamais ouvertes aux immenses artistes que notre pays a connus. Van Gogh, Cézanne, Rodin ou d'autres, peut-être auraient-ils décliné l'offre, mais si, invités en amis, lis avaient franchi ces portes, que se serait-il passé? Pour eux, pour les églises, pour l'Église, pour l'imaginaire de la foi des chrétiens... Couturier, lui. a su faire cela, pour son temps.
Non sans combats face à de tenaces oppositions et de farouches conservatismes, il écrivait ainsi une page de l'histoire de l'art en France au XX' siècle. Plus encore qu'esthétique, l'enjeu était spirituel. Réconcilier, dans un vrai "Art sacré" contemporain, La tradition chrétienne et la modernité artistique, offrir à nouveau, comme jadis, de la beauté dans les lieux où Dieu est honoré, ce devait être un chemin pour renouveler un christianisme affadi a l'image de son art préféré, le Saint-Sulpice. Echec, succès ? Ce n'est pas avec de tels mots qu'on juge un prophète. Couturier, dans son domaine, en fut un.
Ces actes d'un colloque tenu à Nice en 2001, cinquantième anniversaire de sa mort, constituent le premier recueil d'études sur l'homme lui-même, ses proches, les limites et les enjeux de son action. Ils entendent contribuer à une mémoire féconde et manifester la pertinence actuelle de ce flamboyant dominicain.
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