Les amis de saint nizier

LYON - Capitale des GAULES                    Les amis de l'Eglise Saint Nizier  (Association loi 1901)               1 rue Saint-Nizier - 69002 Lyon


Histoire  de l'église saint Nizier de Lyon, et l'art flamboyant


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Brève histoire de l'église Saint-Nizier

Vous êtes dans une église dont le début de la construction remonte à 700 ans. Elle constitue l'un des  plus   beaux exemples  du  style gothique flamboyant en France. Son implantation date des années 150 après J.C. ,lors de l'arrivée des  premiers chrétiens, avec [saint Pothin] et [saint Irenée]  à Lyon qui s'appelait à l'époque  Lugdunum, capitale  des  Trois-Gaules dans le cadre de l'Empire Romain.
    
En 177, 48 chrétiens furent martyrisés, dont [sainte Blandine].
Selon une tradition vénérable, l'église actuelle se dresse sur l'emplacement du plus ancien sanctuaire lyonnais établi par saint Pothin sous forme d'un oratoire dédié à la Vierge Marie. Les cendres des 48 martyrs de Lyon furent placées dans sa crypte et vénérées jusqu'au VI° siècle.
L'existence d'une église est répertoriée à partir du V° siècle en tant que "Basilique des Saints-Apôtres", qui fut peut-être la première cathédrale de Lyon.
Au VI° siècle, plusieurs évêques y sont enterrés, en particulier [saint Ennemond], [saint Sacerdos]  et saintNizier, en 573, sur la tombe duquel se produisirentde très nombreux miracles. Depuis cette époque, l'église s'appelle définitivement Saint-Nizier.

Au VIII° siècle, l'évoque [Leidrade], ami de Charlemagne, fait restaurer l'église.
Au Xlll° siècle, Saint-Nizier, redevenue simple paroisse, est brûlée par les Vaudois.
Les édiles et les bourgeois de la ville de Lyon souhaitent avoir leur propre église dans la presqu'île (laprimatiale Saint-Jean est en cours d'achèvement sur l'autre rive de la Saône).

En 1306, l'archevêque de Lyon, [Louis de Villard], donne son accord et érige Saint-Nizier encollégiale : début des travaux de l'église actuelle en commençant par le chœur à l'Est comme le veut la tradition.
La construction a duré pratiquement 3 siècles :
    - le chœur, le transept, la nef seront achevés en 1417, en style gothique
      flamboyant.
    - la tour nord, de style gothique également, sera  achevée en 1481.
    - le portail de style renaissance, sera achevé en 1585.

En 1562, pendant les guerres de religions, l'église est très endommagée et pillée par les troupes huguenotes du [Baron des Adrets]. Durant la révolution, l'église est d'abord transformée en grenier à grains puis affectée au clergé assermenté, ce qui lui épargne sans doute de plus graves déprédations. En 1802, l'église est rendue au culte catholique et restaurée. En 1857, [l'architecte Benoît] achève le clocher sud ainsi que le fronton central en style néogothique.

En 1968, une pierre de voûte tombe ce qui, après expertise, nécessite une rénovation en profondeur de la structure de l'église. Les travaux se poursuivent pratiquement jusqu'en 2000. En 1996, l'Archevêque de Lyon confie l'animation de la  paroisse  Saint-Nizier  à  la communauté de l'Emmanuel.

Présentation générale :

Le plan de l'église est caractéristique du XIV° siècle et du gothique flamboyant :
2 niveaux d'élévation, avec un superbe triforium (voir plus bas), 3 nefs, un transept, une abside et absidioles, 9 chapelles latérales, de vastes baies une abside et 2 absidioles, qui accueillent la lumière et des voûtes gothiques surbaissées et finement décorées de liernes et de tiercerons. Ses dimensions sont à la fois  harmonieuses et impressionnantes pour une église paroissiale : longueur 74 m, largeur 28 m, hauteur 29 m.

A l'extérieur, on admire le génie de l'architecture gothique avec en particulier les arcboutants sur les façades latérales nord (rue de la Fromagerie) et sud. Le clocher nord, en pur style gothique, est surmonté d'une superbe flèche en briques roses. Les blocs de calcaire de sa partie basse proviennent en partie des récupérations de la ville romaine de Lugdunum sur la colline de Fourvière. La façade ouest (place Saint-Nizier) comporte en outre trois autres éléments originaux :
       - au centre, un superbe portail de styte renaissance,
    - à droite, le clocher sud en style néogothique du XIX°, surmonté d'une    remarquable flèche en pierres ajourées,- au-dessus du portail central, un fronton néogothique. À noter que Saint-Nizier est la seule église de Lyon ayant deux clochers. Parmi les nombreuses œuvres d'art que contient l'église, on ne mentionnera ici que le chef-d'oeuvre représentant, en style baroque, Notre-Dame de Grâce, réalisé en 1661 par [Antoine Coysevox], enfant de la paroisse qui deviendra par la suite l'un des principaux sculpteurs de Louis XIV.
 
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Quelques étapes connues de la construction, en images.
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Emplacements des principales oeuvres d'art de l'eglise saint-nizier

VITRAUX ROSACES

    3 - Verrières de J.J.Gruber, 1970.
    5 - Rosace : La Création du monde, J.J. Gruber, 1970.
    7 - Fondation de la Confrérie de la Trinité en 1300, L. Bégule, 1894.
    8 - Distribution de pain aux pauvres, place des Cordeliers, L. Bégule,
         1894.
    9 - Vitrail de saint François de Sales, Cl. Lavergne, non daté.
  12 - Épisodes de la vie de saint Louis de Gonzague, Cl. Lavergne, 1886.
  14 - Le Christ au désert suivi par les anges, anonyme, non daté.
  16 - Vitrail des fonts baptismaux, ni signé, ni daté..
  23- La Fête des Merveilles deLyon,J.J.        Griiber ,  1960-1965.

 
 25 - Verrière de sainte Philomène, Cl.
          Lavergne,  1885.
 28 - Verrière de sainte Catherine, non
          XIVe  siècle.
  30 - Verrière de saint Joseph, Cl.
          Lavergne  1858.
  33 - Verrière de sainte Elisabeth, non
          signé, 1872.
  37 - Rosace : Le Couronnement de la
          Vierge, Bégule, 1889

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      TABLEAUX


   6- Tableau de saints, attribué à P. Revoil,
        début XIXe siècle.
  10- Saint François de Sales accueille
         sainte
        Jeanne de Chantai, anonyme, XIXe
        siècle.
  11- Honneur au Sacré-Cœur, P. Revoil,
         1807.
  13- Saint Louis de Gonzague en prières,
        Cl. Barriot, 1898.
  15- Tobie et l'ange, P.H. Flandrin, 1884.
  17- Le Christ en Croix, P. Revoil, 1807.
  26- Le Baptême du Christ par Jean
         Baptiste, anonyme, XIVe siècle.
  27- Sainte Philomène, P. Perlet, 1836.
  29- Sainte Catherine d'Alexandrie, M.
        Genod, XIVe siècle.
  31- La Fuite en Egypte, Michel II
         Corneille,  1704.
  32- Le repos pendant le Fuite en Egypte,
         Ch. Grandon, 1737.
  34- L'Assomption de la Vierge, copie
         anonyme, XIXe siècle.
  35- La charité de sainte Elisabeth de
          Hongrie,  M. Genod, XIXe siècle.
  36- Le Christ transfiguré, V. Orsel, 1816.
  38- La Vierge du Rosaire, A. Joyard, IXe
          siècle.

DANS L'ÉGLISE STATUES


  18 - Statue monumentale : saint Paul, réplique du XIX°,
           original au Vatican.
  19 - Statue monumentale : saint Pierre, réplique du XIX°,
           original au  Vatican.
  22 - Saint Nizier, J.H. Fabish, XIX° siècle.
  24 - Statue monumentale : Notre-Dame de Grâce, J.
           Bonnasieux,    1858.
  39 - Notre-Dame de Grâce, A. Coyzevox, 1664.
          Retable et autel baroques, dessinés par Delamonce,
          1771.
  42 - Statue en bois : saint Nizier, dessin J. Pollet, Î826.
  43 - Statue en bois : saint Sacerdos, dessin J. Pollet, 1826.

 DIVERS


    1 - Boiseries ouvragées et double rangée de stalles, dessin
          J. Pollet, années 1830.
    2 - Orgues de chœur jumelés avec orgue principal,
          J.Merkiin, 1886.
    4 - Autel néoclassique et statue de saint Pothin, J.
          Chinard,  fin XIX° siècle.
 20 - Grand orgue et buffet néogothique, J. Merklin, 1886.
 21 - Horloge monumentale à deux cadrans, Frères Mayet,
          Morbier, 1684.
 40 - Tombeau de Pauline-Marie Jaricot (1799-1862).
 41 - Autel baroque en bois doré de Saint-Joseph d'Apt,
         XVIII°  siècle.
 44 - Maître-autel, marbre blanc avec treize statuettes : le
          Christ et les apôtres, 1828.
 45 - Chaire néogothique, dessinée par Cl.-A. Benoît, 1867.

DANS LA CRYPTE
•Statue en calcaire tendre de la première Notre-Dame de Grâce, fin XV° siècle.
• Épitaphe partielle du tombeau de saint Sacerdos enterré ici en 562.
• Cinq panneaux en mosaïques, la Vierge et les martyrs de 177, dessin de  G.Poncet, 1883.

 DANS LA SACRISTIE
• Sculpture en bois doré : L'éducation de Marie, N. Coustou, 1686.
• Tableau : Christ aux outrages, anonyme, XVII° siècle.
• Galerie de portraits des Chanoines de Saint-Nizier au XIX° siècle.
• Différents reliquaires dont un de la Sainte-Croix.
• Crucifix en bois polychrome, anonyme, fin XV° siècle.
• Collection d'objets du culte : calices, ciboires, ostensoirs etc.
• Collection de vêtements sacerdotaux, chasubles, étales etc
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Du roman au gothique, Un peu d'histoire

On a donné à la dernière période de l'art gothique le nom de flamboyant, tiré des effets particulièrement remarquables qui donnent au réseau des nervures l'apparence onduleuse
de la flamme. Quelle que soit la complexité de ces formes, elles se ramènent en fait à
un jeu assez simple de courbes et de contre-courbes dont le rôle est d'entraîner le regard
dans une sorte de danse irrésistible, qui donne un mouvement à toute l'architecture.



La période carolingienne est empreinte d'une volonté de synthèse et d'unification entre le monde barbare et l'influence romaine.
La renaissance carolingienne s'inspire fortement de l'art de la Haute Antiquité en construisant des édifices à plan centré et basilical, comme à Aix-la Chapelle ou Germiny-des-Prés. Le principal signe distinctif est la présence de deux chevets symétriques (et donc deux choeurs), comme à Fulda. En revanche, la sculpture ornementale proprement carolingienne est réduite, du fait de la réutilisation de réalisations antérieures. Il reste peu de traces des mosaïques et peintures, probablement plus présentes.

Choeur de l'église de Germiny-des-Prés.
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L'art Roman fit son apparition entr 950 et 1070

et apparaît dans l'Europe méridionale. Les premières églises romanes ont un plan simple (une nef à trois vaisseaux terminées par une abside, sans transept). Elles sont généralement de petite taille et massives. La charpente en bois est progressivement remplacée par un voûtement en pierre qui ne concerne dans un premier temps que quelques parties des églises (collatéraux, absides).     
Un souci de rythmer l'espace apparaît avec l'évolution des piliers et l'ajout, à l'extérieur, d'arcatures aveugles (bandes lombardes) séparées par des lésènes (relief peu marqué). La sculpture monumentale se développe également. Les chapiteaux historiés apparaissent pour la première fois vers 1025 pour orner la tour porche de Saint Benoît sur Loire (ci-contre).

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Dans son deuxième âge 1070 à 1130 : le plan en croix latine se généralise (il apparaît déjà à la fin du IX° siècle). Le voûtement en pierre s'étend à la nef, même si l'on trouve encore des charpentes.On favorise les voûtes en berceau(brisé ou cintré) et les voûtes d'arêtes. Les poussées sont contenues soit par des murs épais, soit par des bas-côtés soutenus par des contreforts. On peut trouver des élévations à trois niveaux, en ajoutant au-dessus des tribunes des fenêtres hautes qui permettent un éclairage direct de la nef. Cette dernière solution sera la plus utilisée dans les édifices gothiques. L'intérieur des édifices était parfois peint (il est difficile de déterminer aujourd'hui quelle était la proportion d'édifices peint).

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L'art gothique.

Le style gothique apparaît essentiellement en Haute-Picardie et en Île-de-France. La principale hypothèse pour expliquer ces lieux de naissance francilien et picard est qu'ils sont essentiellement peuplés à cette époque de monuments palléochrétiens, notamment de cathédrales à murs fins, charpentées et percées de nombreuses baies. Ces régions sont donc déjà préparées aux choix techniques et esthétiques du gothique. De plus, elles voient l'avènement des Capétiens et la consolidation de l'État qui, à mesure de l'annexion des fiefs féodaux, impose comme symbole du pouvoir royal le renouvellement de ces édifices. Enfin, elles sont à la frontière de régions dynamiques au niveau des inventions architecturales : la Bourgogne(arc brisé inventé à l'abbaye de Cluny, arcs-boutants inventés à Cluny et Vézelay), la Normandie qui importe la voûte sur croisée d'ogives d'Angleterre (abbaye de Jumièges, abbaye de Lessay). Lieu de passage, de brassage, la Picardie et l'Île-de-France voient les premiers maîtres gothiques synthétiser toutes ces influences.


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On situe généralement la naissance de l'art gothique naît à Saint-Denis (ci-contre). On identifie généralement l'art gothique à la croisée d'ogives et aux arcs-boutants. Pourtant, l'apparition de la croisée d' ogives précède de beaucoup celle de l'art gothique, puisqu'on la trouve pour la première fois à Lessay, en Normandie ou à Durham, en Angleterre à la toute fin du XI° siècle. Suger s'est d'ailleurs inspiré des innovations normandes pour la construction de sa basilique. Quant aux arcs-boutants, leur utilisation n'est devenue systématique qu'au XIII° siècle. Notre-Dame de Paris en était initialement dépourvue.


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Le gothique rayonnant

(~1240 -1350): A partir de 1231 émerge progressivement un nouveau style qui se caractérise surtout par la virtuosité des remplages, une verticalité accrue, des piliers fasciculés et l'édification de murs de verre. L'origine du gothique rayonnant peut être située àParis. Là encore, la basilique de Saint Denis fait figure de précurseur, puisque ces innovations apparaissent lors de la réfection des parties hautes du choeur. On introduit notamment un triforium à claire-voie. La constitution de murs de verre prend toute son ampleur avec la Sainte Chapelle.

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Le gothique rayonnant s'impose réellement à partir de 1240.Les édifices alors en construction, comme Amiens, Reims ou Beauvais, prennent immédiatement en compte cette évolution et changent partiellement leur plan (parties hautes du choeur à Beauvais, façade occidentale à Reims...). C'est à cette époque que la rose devient vraiment un élément incontournable du décor, même si elle était déjà très utilisée avant. La multiplication des chapelles latérales permet d'agrandir l'espace de la cathédrale.

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Triforium de ST Nizier (Lyon)


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Le gothique flamboyant

Le gothique flamboyant

(~1350-1500): les innovations se font rares pendant une longue période (la Guerre de Cent ans n'y est peut-être pas totalement étrangère, même si elle n'est pas seule responsable). Un souffle nouveau est trouvé vers 1420. La structure des édifices reste la même, mais ceux-ci "flamboient" sous l'effet de décors exubérants, notamment en Normandie (Saint Maclou de Rouen...). Le terme de flamboyant est dû à la forme de flamme des remplages des baies (notamment des roses). On multiplie les gâbles et les pinacles à l'extérieur, tandis qu'à l'intérieur les voûtes deviennent très complexes, avec un grand luxe de tiercerons, de liernes.

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On constate aussi un retour plus fréquent à des élévations à deux niveaux qui font disparaître les murs entre les grandes arcades et les baies supérieures (Saint Germainl'Auxerrois, Saint Etienne du Mont). Plus tardivement, certains éléments d'architecture gothique sont utilisés à des fins essentiellement décoratives. C'est le cas des croisées d'ogives qui se complexifient jusqu'à perdre leur sens.
Les adapations du gothique sont très différentes d'une régionà l'autre. On peut noter les particularismes italiens : si les éléments ornementaux du gothique français sont importés(pinacles, roses...), les possibilités architecturales offertes par la croisée d'ogives et les arc-boutants ne sont pas utilisées, les églises gardant les caractéristiques essentielles du roman. Le gothique méridional est lui aussi profondément original, son expression la plus aboutie étant la nef unique (Cathédrale de Toulouse, d'Albi) qui influencera le gothique de Bohême.

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