Les amis de saint nizier

LYON - Capitale des GAULES                    Les amis de l'Eglise Saint Nizier  (Association loi 1901)               1 rue Saint-Nizier - 69002 Lyon

La crypte et les orgues


André Clapasson (1741) rapporte la tradition tardive selon laquelle, à l’origine de l’église actuelle, fut « un oratoire souterrain, dans lequel saint Pothin, premier évêque de cette ville, assemblait les fidèles ». Ce pontife aurait apporté d’Orient, avec lui, une peinture représentant la Vierge (Virgo citra Montes).

Pierre Renouard, négociant du quartier, plusieurs fois échevin, consacra une partie de sa fortune à embellir l’église. Ses héritiers poursuivirent son œuvre. Le 15 août 1528, une cérémonie consacra la crypte « construite à nouveau, magnifiquement et à grands frais ». (Lapra, 1885, p. 34) On ne sait ce qui fut alors modifié. En 1828, Jean Pollet établit un passage entre ce lieu et des caveaux creusés en 1754. Cette chapelle souterraine, note le R.P. Gouilloud (1886), perdit avec le temps le nom de son fondateur supposé : on lui substitua celui de saint Ennemond. Elle « était tombée dans un état de délaissement et de désolation lamentables. » On ne l’ouvrait guère plus qu’une fois par an. Les paroissiens et les lyonnais s’émurent de cette situation.

L’abbé Jean Boué, curé de Saint-Just, décrivait encore (1841) la forme quadrilobée ancestrale de cette crypte : « Ne cherchez ici ni décorations, ni sculptures, ni ornements quelconques. Ce sanctuaire, digne de la pauvreté primitive, est néanmoins d’une pureté de formes admirables. » (p. 386)

Le R.P. Routier, curé de notre paroisse, « accepta la belle mission de relever et d’agrandir la crypte, de rajeunir son antique gloire, de renouer les traditions interrompues. » (Gouilloud, p. 172) Le chantier débuta le 15 avril 1883. L.-F. Benoit dirigea sans doute les travaux. Son père avait dressé (vers 1840-1860) des relevés que reproduit l’abbé Lapra. Vers la fin d’août, les ouvriers mirent à jour différents vestiges et retrouvèrent une statue de Notre-Dame (1563), réalisée après le passage des huguenots. On l’avait placée dans un caveau, lors de l’installation de la Vierge de Coysevox, et oubliée. Le 15 août 1884, la chapelle agrandie – de forme rectangulaire – fut consacrée par Mgr Pagnon, vicaire général du diocèse. L’autel de marbre blanc fut conçu et réalisé par le sculpteur lyonnais M. Burlat. Sept lampes en bronze, de type antique, de la maison Nicolas Rozier, étaient suspendues à la voûte.

Les mosaïques vinrent plus tard. Celle de l’abside (la Vierge, mère de Dieu, entre saint Jean et saint Pothin magnifié) et celle de la première travée de la nef portent les signatures de Gaspard Poncet (1820-1892), peintre, et de Ennemond Mora, mosaïste lyonnais (on notera que ce dernier avait travaillé, entre 1874 et 1880, à celles de N.-D. de la Garde). Celles de la seconde travée sont dues au peintre Claudius Barriot (1848-1908) et au mosaïste parisien Facchina. Mais la continuité des panneaux est parfaite. A Saint-Nizier, les deux artistes ont réparti les martyrs, sur un fond d’or, dans des positions variées, en deux cortèges séparés, dans la tradition de l’Eglise primitive, les hommes au sud (avec en tête le prêtre Zacharie) et les femmes au nord (Blandine est représentée à genoux au centre du premier groupe). La voûte est ornée de palmes sur fond blanc avec chrisme central et de bordures colorées.

Barriot avait déjà succédé à Poncet, très occupé par la décoration de Fourvière, dans la préparation des cartons des mosaïques du caveau dit de saint Pothin, dans le quartier de l’Antiquaille. Enfin, selon James Condamin (1906), un dernier panneau, placé au-dessus du sarcophage de pierre qu’on lui attribuait, transformé en autel, devait illustrer le martyre de saint Ennemond.
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Joseph Merklin (1819-1905), originaire de Fribourg-en-Brisgau (Bade-Wurtemberg), est le fils d’un facteur d’orgues. Il débute chez son père, puis s’installe en Belgique (1843) et à Paris (1855). Il implante un atelier à Lyon, après la guerre de 1870, suite au renouveau de la musique liturgique dans la région. Il obtient la nationalité française en 1875. Depuis ses débuts, il est passionné par les techniques nouvelles. Cela le différencie de son principal concurrent, Aristide Cavaillé-Coll. En octobre 1884, J. Merklin propose au Conseil de Fabrique de l’église Saint-Nizier un orgue en trois parties : deux ensembles de tuyaux placés dans les boiseries du chœur, au-dessus des stalles ; un troisième, installé sur une tribune au-dessus de l’entrée principale.

L’orgue de chœur, placé derrière l’autel, sera formé des dix jeux du 2e clavier de positif. L’orgue de tribune, faisant office ultérieurement de console générale, correspondra aux claviers de grand orgue, de récit expressif et de pédales (31 jeux). L’organiste pourra réunir ou non les deux orgues (pédale d’appel). En utilisant certains jeux, il gouvernera l’instrument « sans trop souffrir du retard consécutif à l’éloignement des trois parties de l’instrument. » (Michel Jurine) Ces différents groupes (3 buffets, 2 consoles), reliés par un câble électrique de plus de 70 m de longueur passant sous la nef, fonctionneront grâce au système électro-pneumatique Schmoele & Mols, dont J. Merklin est le concessionnaire exclusif en France.

Avant l’installation dans l’église, une séance d’audition fut donnée par M. Paul Trillat et ses élèves, dans les locaux des ateliers Merklin, 11 rue Vendôme, le 15 septembre 1885. L’inauguration solennelle eut lieu le 1er avril 1886 en présence de Mgr de Rosea représentant le Cardinal Caverot empêché. L’organiste Jules Rüest – nommé en octobre 1885 – interpréta des œuvres de sa composition, permettant de mettre en valeur toutes les potentialités de l’instrument.

« Un pas nouveau est franchi. Ce type de traction électrique à distance constitue un véritable changement esthétique. » (M. Jurine) Preuve de l’innovation de cette construction, de sa modernité technologique : la présence de scientifiques dans la commission d’expertise (3 avril 1886). Son rapport « conclut à l’excellence de la réalisation ». L’Académie des Sciences (Lyon) décerne alors un prix à J. Merklin.

Louis Robilliard, ancien professeur au Conservatoire national de Région, président de l’Association Orgue en jeu, nous écrivait le 25/10/2007 : « C’est un des instruments les plus marquants dans l’histoire de l’orgue à Lyon. » Pierre-Marie Guéritey estime que l’on devra, lors de sa restauration, lui restituer son caractère d’origine. Les modifications apportées en 1955 par le facteur Athanase Dunand sont parfaitement connues : les jeux manquants ou transformés pourraient être rétablis. La Ville de Lyon rendrait ainsi à la vie musicale lyonnaise un instrument essentiel illustrant les conceptions et les choix sonores de la fin du XIXe siècle.

A la suite d’un rapport de 1989 de P.-M. Guéritey, le buffet d’entrée de style néo-gothique, en noyer, dessiné par l’architecte Louis-Frédéric Benoit, réalisé par le maître ébéniste Marteau (août 1887- août 1888), fut classé Monument historique le 25 juin 1990. Les orgues, à leur tour, furent classées le 14 août 1990.
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En mauvais état, l'orgue nécessite
de lourds travaux de rénovation.

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